À Montréal, en octobre, la lumière commence déjà à changer, la température baisse et l’hiver se profile au loin. C’est dans ce contexte que les îles Canaries sont venues dans la métropole le temps d’une soirée, non seulement pour présenter deux nouvelles liaisons aériennes, mais aussi pour rapprocher leurs paysages, leur culture et leur hospitalité des voyageurs qui pourraient bientôt leur rendre visite.
L’événement, qui s’est tenu le lundi 5 octobre au Centre PHI, dans le Vieux-Montréal, a réuni des représentants de compagnies aériennes, d’offices de tourisme, de groupes hôteliers et d’autres acteurs de l’industrie touristique des îles. Pendant quelques heures, ce lieu habituellement consacré à l’art contemporain et à la création est devenu un point de rencontre entre Montréal et un archipel situé au large de la côte nord-ouest de l’Afrique, qui fait partie de l’Espagne et de l’Union européenne.
Une rencontre avec le secteur touristique
L’occasion comportait aussi un élément très concret: pour la première fois, les voyageurs au départ de Montréal pourraient rejoindre directement les îles Canaries par deux des principaux aéroports de l’archipel. Air Canada commencera à exploiter sa liaison Montréal-Tenerife le 31 octobre, tandis qu’Air Transat inaugurera sa liaison directe entre Montréal et Grande Canarie le 12 décembre. Les deux transporteurs proposeront un vol par semaine pendant la saison hivernale.
Air Canada a présenté sa nouvelle liaison directe entre Montréal et Tenerife, dont le premier vol est prévu le 31 octobre 2026. Le service sera offert une fois par semaine, le samedi, jusqu’au 24 avril 2027.
La présentation ne suivait pas le format habituel d’une conférence où le public reste assis à écouter une succession de discours. À leur arrivée, les participants ont reçu une carte au format horizontal qui servait de guide pour parcourir les différentes offres touristiques présentées ce soir-là.
Air Transat a présenté sa nouvelle liaison directe entre Montréal et Las Palmas de Gran Canaria. Le premier vol est prévu le 12 décembre 2026, et le service sera offert une fois par semaine, le samedi, jusqu’au 4 avril 2027.
Environ 24 tables étaient installées, chacune consacrée à un hôtel, à un groupe hôtelier, à un office de tourisme ou à un autre représentant des îles. Pour participer au tirage au sort qui clôturerait la soirée, il fallait en visiter au moins 12 et faire signer la carte à chacune. Ainsi, ce qui aurait pu être une longue série de présentations s’est transformé en un parcours animé où conseillers en voyages et journalistes circulaient d’une table à l’autre.
Parmi les groupes hôteliers présents figuraient Bahía del Duque et les hôtels Tais, à Tenerife; le groupe Fred. Olsen et son Hôtel Jardín Tecina, à La Gomera; Spring Hotels Group et Coral Hotels, également à Tenerife; Cordial Hotels & Resorts et Bohemia Suites & Spa, à Grande Canarie; Abama Hotels et Gran Hotel Taoro, à Tenerife; LIVVO Hotel Group, à Grande Canarie; le groupe Meliá et l’Hôtel Hacienda del Conde, ainsi que le groupe Hyatt, entre autres.
Chaque table offrait une approche différente de l’archipel. Les représentants présentaient directement l’emplacement de leurs établissements, le nombre et le type de chambres, les installations et les services qui les distinguent. Certains utilisaient des tablettes ou des ordinateurs pour montrer des photos et présenter les caractéristiques de leurs hôtels; d’autres s’appuyaient sur des dépliants, de petits présentoirs ou simplement sur la conversation.
Manuel Rodríguez, directeur commercial de Coral Hotels.
À la table de Fred. Olsen et de l’Hôtel Jardín Tecina, il y avait aussi une petite attention qui allait au-delà de l’information touristique: des biscuits préparés à La Gomera que les participants pouvaient goûter. Un geste singulier qui donnait, le temps d’un instant, une saveur bien à elle à cette île jusque-là connue à travers un nom sur une carte.
Musique, saveurs et paysages des îles
Après le parcours des tables, le rythme a changé. Les participants sont passés dans un autre espace, aménagé avec des tables hautes et quelques canapés, où a commencé la partie plus sensorielle de la soirée. Un duo de musiciens originaires des îles Canaries a accompagné la rencontre au son de rythmes de l’archipel, avec des instruments à cordes, dont le violon et le timple, un petit instrument traditionnel canarien qui ressemble à une guitare.
L'animatrice de la soirée, la présentatrice culturelle Catherine Pogonat, a présenté les musiciens canariens.
La musique n’était pas un élément isolé. Au fil de la soirée, la présence canarienne est devenue de plus en plus tangible: les représentants des hôtels et des offices de tourisme étaient venus à Montréal pour rencontrer directement le marché canadien, mais il y avait aussi un chef, une sommelière, des membres de l’équipe de cuisine, des musiciens et des produits provenant des îles elles-mêmes.
L’impression était celle d’une équipe resserrée et diversifiée qui avait choisi d’apporter bien plus que de l’information touristique. Plutôt que de se contenter d’expliquer ce que sont les Canaries, la soirée cherchait à les rendre perceptibles à travers différents langages: les images et les vidéos montraient les paysages; les représentants parlaient de leurs hôtels et de leurs territoires; la musique offrait une autre façon de découvrir l’archipel; et la gastronomie permettait de l’explorer par le goût.
Le changement d’espace a aussi modifié le rythme de la rencontre. Après les échanges professionnels: cartes de visite, dépliants, écrans et conversations sur l’hébergement et les services, les participants se sont rassemblés, un verre de vin à la main, dans l’attente de la dégustation. La présentation prenait une autre dimension: en plus de montrer les paysages et les possibilités d’hébergement, elle invitait à découvrir les îles par la musique et la gastronomie.
Dans une ambiance chaleureuse, verre de vin à la main, les participants s’apprêtent à déguster des tapas des îles Canaries lors de la rencontre organisée à Montréal.
La gastronomie est venue compléter cette découverte. Le chef Manuel Berriel et la sommelière Trinidad Fumero, tous deux originaires des Canaries, ont présenté les différentes tapas en expliquant leurs ingrédients, leur provenance et certaines particularités de la cuisine de l’archipel. Il ne s’agissait pas simplement de servir une dégustation: chaque préparation était accompagnée d’explications permettant de comprendre l’origine de ces saveurs et la façon dont différents produits et traditions se rencontrent dans la cuisine canarienne.
Les mojos, ces sauces typiques des Canaries, les fromages, le poisson, le lapin, les pommes de terre et le gofio ont été servis sous des formes très différentes. Le gofio, élaboré à partir de céréales grillées et profondément ancré dans les traditions alimentaires des îles, figurait aussi dans les desserts, montrant comment un ingrédient traditionnel peut être réinterprété dans une cuisine contemporaine.
Trois vins canariens accompagnaient les dégustations. La sommelière en expliquait les caractéristiques et les accords au fil du repas : un blanc pour les premières préparations, un rouge avec les saveurs plus intenses, puis un vin au profil plus doux avec les desserts. L’occasion a également permis de parler des cépages et des conditions particulières de la viticulture sur un territoire volcanique. L’archipel compte 11 appellations d’origine protégées (AOP).
Un aperçu des saveurs des îles Canaries présentées lors de la dégustation gastronomique à Montréal.
Plus que de reproduire à Montréal un repas que l’on pourrait trouver dans n’importe quel restaurant espagnol, l’intention semblait être de montrer que les îles peuvent aussi se découvrir à travers leur propre tradition gastronomique. La cuisine devenait ainsi une autre forme de paysage: un paysage qui ne se contemple pas, mais qui se goûte.
Les images projetées pendant la soirée venaient compléter ce que les tables des hôtels et la dégustation ne pouvaient raconter à elles seules. Plages, volcans, forêts, sentiers et ciels étoilés offraient autant de façons de parcourir un même territoire, géographiquement très éloigné de Montréal, mais présenté comme particulièrement accessible grâce aux nouvelles liaisons aériennes.
La nature occupait une place centrale dans la présentation. Plutôt que de miser uniquement sur l’idée de vacances au bord de la mer, les représentants ont insisté sur la diversité des paysages et des activités de l’archipel : randonnée, forêts, observation des étoiles et découverte des territoires volcaniques. La préservation des milieux naturels et le développement durable ont également été évoqués à plusieurs reprises.
Parc national de Garajonay, à La Gomera. Photo : Bitácora Almedrón
Pour le public canadien, un autre argument était difficile à ignorer à l’approche de la saison froide: le climat. Les îles Canaries ont été présentées comme une destination aux températures douces toute l’année, une sorte de printemps presque permanent qui contraste avec les mois d’hiver à venir au Québec.
Mais l’élément le plus significatif de la soirée n’était peut-être ni une température précise ni l’image spectaculaire d’un volcan. C’était la possibilité de s’y rendre directement. Tenerife et Grande Canarie, deux des principales portes d’entrée de l’archipel, n’exigeraient plus nécessairement une correspondance en Europe pour les voyageurs au départ de Montréal.
Air Canada a présenté sa nouvelle liaison directe vers Tenerife, assurée par un Airbus A321XLR. D’une durée d’environ six heures et demie, le vol sera offert une fois par semaine, le samedi, pendant la saison hivernale. De son côté, Air Transat inaugurera le 12 décembre sa liaison Montréal-Las Palmas de Grande Canarie, également hebdomadaire, d’une durée approximative de sept heures et assurée par un Airbus A321LR.
Deux liaisons, deux îles d’arrivée et une même évolution: les Canaries passent du statut de destination que de nombreux voyageurs québécois associaient à un trajet plus long et à une correspondance en Europe à celui d’une destination accessible par vol direct, au moment où Montréal entre dans la saison froide.
Pendant la dégustation, un moment est venu rappeler la dimension institutionnelle de la soirée. L’ambassadeur d’Espagne au Canada, Alfredo Martínez Serrano, a pris la parole pendant le dîner, après que Catherine Pogonat eut annoncé sa présence et lui eut cédé la parole.
L’ambassadeur d’Espagne au Canada, Alfredo Martínez Serrano, en compagnie de Jessica de León Verdugo, ministre du Tourisme et de l’Emploi des îles Canaries, d’Isabel Martín Benítez, conseillère au tourisme à l’ambassade d’Espagne au Canada, et de Catherine Pogonat, qui animait la rencontre.
Son intervention a replacé dans une perspective plus large ce que les participants avaient jusque-là découvert à travers les images, les conversations, la musique et la gastronomie: les nouvelles liaisons s’inscrivent dans un intérêt plus large visant à renforcer les liens touristiques entre l’Espagne et le Canada et, plus particulièrement, à rapprocher les îles Canaries du marché québécois.
La présence de l’ambassadeur a également rappelé que, derrière une nouvelle liaison aérienne, il y a plus qu’une possibilité supplémentaire de voyager. Pour les autorités espagnoles et canariennes, établir un accès direct depuis Montréal représente une porte d’entrée vers un marché canadien qui devait jusqu’ici recourir plus souvent à des correspondances en Europe pour rejoindre l’archipel.
Le lendemain, une partie de la délégation devait poursuivre sa tournée à Toronto pour y présenter la destination. Pour plusieurs représentants canariens, le voyage avait aussi une dimension personnelle: ils découvraient Montréal pour la première fois et étaient curieux de connaître une ville qui, contrairement aux îles, était déjà entrée dans l’automne.
Le parcours des tables avait aussi sa récompense finale. Une fois atteint le nombre minimal de visites indiqué sur la carte, les participants pouvaient prendre part à un tirage au sort qui témoignait, lui aussi, de l’ampleur de la présence canarienne à Montréal.
Les établissements participants avaient offert de nombreux prix: des séjours dans des hôtels de différentes îles et, dans certains cas, des forfaits comprenant également une voiture de location. Air Canada et Air Transat avaient ajouté des billets d’avion à la liste. Après une soirée consacrée à expliquer où dormir, quoi faire, quoi manger et comment s’y rendre, le tirage au sort introduisait une possibilité très concrète: celle de découvrir personnellement ce qui, jusque-là, avait été présenté à travers un écran, une conversation, un verre de vin ou une tapa.
C’est peut-être là que résidait l’aspect le plus intéressant de la soirée. Les îles Canaries ne se sont pas présentées à Montréal uniquement comme une destination ensoleillée où échapper à l’hiver. La proposition était beaucoup plus vaste et reposait surtout sur le contact direct: des représentants qui parlaient de leurs territoires, des images qui montraient leurs paysages, de la musique interprétée par des artistes canariens, une gastronomie présentée par ceux qui la connaissent de l’intérieur et de nouvelles liaisons aériennes capables de transformer cette distance géographique en un trajet de quelques heures.
À l’approche du froid, les îles Canaries cherchent à occuper une place différente dans l’imaginaire des voyageurs canadiens. Pas seulement comme un lieu où se rendre, mais comme un territoire qui, le temps d’une soirée, a fait le voyage en sens inverse et est venu se présenter ici.









