Los Mirlos: l’Amazonie péruvienne fait danser le Festival International de Jazz de Montréal

Crédit photo: Frédérique Ménard Aubin

Espectáculos

Durant la Coupe du monde de soccer, chacun affiche fièrement les couleurs de son pays. Pourtant, s'il est un langage capable de rassembler les peuples au-delà des rivalités sportives, c'est bien celui de la musique.

Parmi les genres musicaux les plus populaires d'Amérique latine figure la cumbia. Encore relativement méconnue en Amérique du Nord, elle est omniprésente sur le continent latino-américain. Née en Colombie, elle s'est transformée au fil de son expansion pour donner naissance à de nombreuses variantes régionales. Au Mexique et au Texas, des artistes comme la regrettée Selena ont largement contribué à sa popularité, tandis qu'au Pérou, elle a évolué vers un style unique : la cumbia amazonienne, reconnaissable à ses guitares électriques, ses claviers aux sonorités psychédéliques et ses influences issues de la forêt tropicale.

Fondé en 1972, Los Mirlos est considéré comme l'un des principaux pionniers de cette cumbia amazonienne. Le 27 juin dernier, le groupe a offert deux prestations, à 19 h et à 21 h, sur la scène du Festival International de Jazz de Montréal, entraînant le public dans une ambiance festive pendant près d'une heure.

 

Sur cette photo, le chanteur principal de Los Mirlos, Jorge Rodríguez Grández.  
Crédit photo: Jérémie Doménico

Crédit photo: Frédérique Ménard Aubin
Jorge Luis Rodríguez Pérez, fils du chanteur. Véritable homme-orchestre, il accompagne son père sur scène
et contribue à faire rayonner leur musique.
Crédit photo: Frédérique Ménard Aubin

Entre les morceaux, une trame sonore inspirée de la forêt amazonienne, ponctuée de chants d'oiseaux, prolongeait l'immersion. Un clin d'œil tout indiqué puisque Los Mirlos signifie « Les Merles ».

Les spectateurs ont redécouvert plusieurs classiques du groupe, dont l'emblématique La Danza de los Mirlos, véritable hymne de la cumbia péruvienne. Le concert a également rendu hommage à d'autres incontournables du répertoire musical du Pérou, notamment Cariñito et El Cóndor Pasa, interprétés avec une énergie communicative qui a fait chanter et danser le public.

L'un des aspects les plus marquants du spectacle résidait dans son caractère intergénérationnel, reflet fidèle de son auditoire. Parmi les six musiciens sur scène, certains font partie de l'aventure depuis les débuts, notamment le guitariste principal Danny Fardy Johnston et le chanteur Jorge Rodríguez Grández. À leurs côtés évoluent désormais de plus jeunes artistes, dont Jorge Luis Rodríguez Pérez, fils du chanteur. Véritable homme-orchestre, il passait des claviers à la guitare tout en multipliant les échanges avec le public, insufflant une énergie constante à la prestation.

 

Los Mirlos font danser la foule réunie devant la scène Rio Tinto.
Crédit photo: Jérémie Doménico


Crédit photo: Frédérique Ménard Aubin

Au-delà de la performance musicale, cette soirée a constitué un moment fort pour les communautés latino-américaines de Montréal, et tout particulièrement pour la communauté péruvienne. Plusieurs générations s'y sont retrouvées : celles qui ont grandi au son de Los Mirlos et celles qui découvrent aujourd'hui cet héritage musical grâce à leurs parents. Le temps d'une soirée, souvenirs, identité culturelle et plaisir de danser se sont unis dans une même célébration. Dans une ville aussi multiculturelle que Montréal, leur passage a rappelé qu'un rythme entraînant et quelques accords de guitare suffisent parfois à abolir toutes les frontières.

 

La communauté péruvienne de Montréal réunie pour applaudir Los Mirlos.
Crédit photo: Frédérique Ménard Aubin

Le drapeau argentin est aussi bien visible pendant le concert.
Crédit photo: Frédérique Ménard Aubin

La communauté péruvienne, tout comme l'ensemble de la communauté latino-américaine de Montréal, a été choyée par cette prestation exceptionnelle, offerte gratuitement au public dès les premiers jours du Festival International de Jazz de Montréal. Une occasion privilégiée de célébrer la richesse des cultures latino-américaines dans un esprit de partage et de convivialité. Longue vie au Festival International de Jazz de Montréal!